Le maire Front national n'est plus à ça près dans sa confusion habituelle entre propagande et moyens municipaux. Il en use à nouveau sans vergogne pour décrier un film projeté à Camaret et tente de s’autoproclamer maître des consciences dans un "communiqué" publié par la mairie. Bien sûr, le film de Lucas Belvaux a fait couler beaucoup d'encre ces derniers temps, surtout grâce à la publicité orchestrée du Front National dont les cadres ont sonné la charge sans même, pour certains l'avoir vu ! L’inénarrable avocat médiatique Gilbert Collard s'était même permis de tweeter : "Émules de Goebbels, les productions du système produisent Chez nous, à nos frais, film de propagande anti-FN". On croit rêver ! C'est plutôt la prose de M. de Beauregard qui nous rappelle les heures les plus sombres d'un passé que nous voudrions croire définitivement révolu et où la politique se mêlait de dicter le goût : "Il s'agit d'un film de propagande qui est au 7ème Art ce que la nouvelle cuisine est à la gastronomie", nous assène-t-il. Pour qui se souvient des dérives de la censure en matière culturelle, voilà une gastronomie propre à soulever l'estomac ! L'avis des professionnels, qui eux savent de quoi ils parlent, apparaît bien plus pertinent en la matière, comme celle du journaliste Xavier Leherpeur : "L’intérêt du film n’est pas dans sa manière de démonter le Front National mais dans le fait de dire au contraire comment ce parti a réussi par ce jeu de connaissance locale (…) Le film de Lucas Belvaux est d’une grande force d’une grande subtilité et d’une grande intelligence." C'est peut-être là le vrai problème. Dans une commune FN du Var, le film est purement et simplement déprogrammé, provoquant la réaction de la ministre de la Culture qui a dénoncé une "censure". Chez nous, c'est une association camarétoise qui fait l'objet de menaces à peines voilées en plein conseil municipal, comme en témoigne cet échange hallucinant entre le maire et Jean-François Menguy :
- JFM - Cinéval programme les films. Vous faites un lien avec l'élection présidentielle qui se profile, mais vous êtes-vous adressé à Cinéval pour leur faire part de ce que vous nous dites aujourd'hui ? ;
- PDB - Votre remarque concernant Cinéval est en partie vraie mais pas tout-à-fait puisque la programmation des films sur la commune est faite par Cinéval, mais aussi par Ciné-Ravelin. Donc Ciné-Ravelin fait un choix parmi les films proposés par Cinéval ;
- - Si je comprends bien, vous soupçonnez les adhérents de Ciné-Ravelin d'être partisans ? C'est ce que vous ne dites pas directement. Je me ferai un plaisir de le leur dire puisque je fais moi-même partie de cette association ;
- - Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit, je n'ai en aucun cas parlé... c'est vous qui m'avez amené à parler de Ciné-Ravelin... Je vous ai simplement parlé d'une programmation, d'une projection qui a lieu dans la commune sans débat, et je trouve que ce procédé n'est pas démocratique.
